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Quelques petites choses à organiser en Belgique, dont essayer de se trouver un logement plus stable pour nos périodes de retour qui se multiplient, et nous voilà repartis...

Vers la Tunisie, où notre bateau se languit de nous (enfin, il est bien amarré, bien à l’abri, bien au chaud, bien gardé...) et où nous ne restons que trois semaines, très frustrant, on rencontre des tas de gens sympas avec la perspective de les quitter bientôt.

Re retour en Belgique (Tunisair fait des affaires), ou nous gardons une fois de plus la maison des amis, y compris chien, chats et chevaux, pendant qu’ils goûtent de leurs quelques rares jours de vacances... Les fêtes de fin d’année obligatoires avec les enfants et petits enfants expédiées, nous retournons au chaud sur notre “bateau-caravane-seconde résidence”, trois mois, juste de quoi commencer à regretter le saucisson, le jambon et notre “civilisation”.

Nous avions prévu, à notre retour, vers la mi-avril, de repartir visiter les Pyrénées, à notre aise et à moto, en attendant notre mois de travail (vous avez bien lu !), en juillet. Mais une fois de plus nos projets vont être contrariés, cette fois par la mise bas d’une fille qui nous fait grands-parents une fois de plus. Ce n’est donc que vers la mi-juin que nous pouvons repartir chez nos amis de Vannes, qui envisagent maintenant de tout vendre pour s’installer dans le Périgord. Ils y ont acheté une ferme et comptent la restaurer pour y faire des gîtes et des chambres d’hôtes, il paraît que ça marche bien là bas. Et qui dit restauration dit forcément nouvelle installation électrique... Rendez-vous dans le périgord...

En les quittant, nous avons quelques jours pour faire un peu de tourisme avant notre mois de travail. Nous nous arrètons au coeur du marais Poitevin, un ensemble de terres jadis gagnées sur la mer dans l’estuaire de la Sévre Niortaise. Autrefois, ces parcelles, séparées par tout un réseau de canaux, non pas d’irragation mais d’assèchement, étaient utilisées pour la culture ou comme pâtures pour le bétail. Avec l’arrivée de la mécanisation de l’agriculture, ce n’était plus rentable, ces “terres” furent donc abandonnées. Maintenant, on parle de “patrimoine” (c’est surtout un moyen de “revaloriser” cet endroit par le tourisme), et canaux et parcelles commencent à être dégagés et entretenus. L’endroit est charmant et il se dégage de l’ensemble une impression de sérénité.

Cap ensuite vers la dune du “Pyla”. C’est la plus haute d’Europe, qui culmine à plus de cent mètres, au bord de la passe d’entrée du bassin d’Arcachon, un peu au sud de Bordeaux. Nous trouvons un camping accueillant, juste au pied de la dune, au coeur d’une pinède, et pourvu d’une superbe piscine. Nous escaladons la dune (c’est très haut !) et sur le versant mer, nous y trouvons devinez quoi ? Des parapentistes et des modèles réduits de planeurs radio-commandés qui tous profitent des courants ascendants générés par le vent du large, obligé de monter pour sauter cet obstacle. Tout le monde s’en donne à coeur joie, dans ce paysage magnifique. Pour ma part, je dois me contenter d’admirer, envieux, car le décollage dans ce vent soutenu, demande une technique de gonflage de l’aile “face à la voile” que je suis loin de maîtriser parfaitement (comme on a fait un demi-tour, tous les réflexes doivent être inversés). Mais une fois de plus, nous nous promettons de revenir ici avec une aile personnelle et quelques compétences de plus.

Quelques kilomètres plus au sud, se trouve le lac de Biscarosse sur les bords duquel étaient jadis les usines Latécoère. Maintenant un merveilleux petit musée y est consacré à la fantastique histoire des hydravions. Une aventure passionnante, (Mermoz, la “Croix du sud”...) Beaucoup de gens à cette époque (entre les deux guerres) croyaient fermement que l’hydravion était la seule solution d’avenir pour faire des “gros porteurs” et dévolopper le transport de masse. Dans tous les pays, d’énormes moyens furent investis. Les progrès des bombardiers lourds de la deuxième guerre ont mis fin à cette belle aventure qui s’est terminée avec le “Spruce Goose” de Howard Huges.

Nous rendons également visite à notre “marraine” et comme toujours son accueil nous comble. Nous arrivons en même temps que sa nouvelle voiture et le début du renouvellement de la toiture de sa maison. Beaucoups d’événements à la fois, mais elle fait face.

Ensuite nous nous dirigeons vers Avignon. Un de nos amis, toujours actif dans le monde du spectacle dont je suis “retraité”, s’est vu abandonné par son régisseur pour le festival cher à Jean Villar. Il s’est alors souvenu de moi et de ma “disponibilité”. Un mois de travail, certe, mais l’ambiance d’Avignon pendant le festival est unique. Imaginez une petite ville où il y à tous les jours plus de six cents spectacles différents. Il y a de la concurence, mais ce n’est pas la guerre et il règne entre tous les festivaliers une “complicité” agréable. Tous cherchent à attirer le public, soit en distribuant des tracts au passants, soit en organisant en pleine rue (et sur l’esplanade du palais des papes) des parades musicales, visuelles, drôles... Pour notre part, notre spectacle s’intitulant “Les mangeuses de chocolat”, nous avons distribué plus de 6000 petits chocolats (belges !) avec chaque fois quelques petits mots vantant notre spectacle, voire une plus longue conversation. Vu la température, nous étions les seuls à transporter nos tracts dans des boîtes frigo. Une heure et demie de spectacle dans une petite cabine de régie sans climatisation, et nous n’étions après cela plus bons que pour un bain dans la piscine municipale et une soirée enfin au frais, à l’une des nombrueuses terrasses de la ville.

Retour Belgique, garde maison, puis 900 kms de moto et nous voilà dans le Périgord, chez les amis dont question plus haut, les batiments sont assez grands, mais à part un qui servait jadis de restaurant, assez délabrés. l’ancien corps de logis de la ferme demande pas mal de restaurations (dont un remplacement complet de l’installation électrique) et dans la grange qui doit accueillir les chambres d’hôtes, le bureau, le salon et la cuisine, il n’y a ... rien ! Les maçons ne commenceront ce travail qu’en décembre. Diverses adaptations dans l’ancien restaurant et surtout la création du site internet indispensable maintenant à toute entreprise qui souhaite se faire connaître plus loin que trois kilomètres, le travail ne manque pas. Notons que très peu de temps après la mise “on line” du site le premier client potentiel téléphonait pour se renseigner sur les disponibilités de logement. Complètement surpris par cette demande (l’ouverture n’est prévue qu’en mai 2002) Eric (le proprio) n’a rien trouvé de mieux à lui dire que “c’est complet”. Je ne peux que vous encourager à visiter ce site à l’adresse http://www.rastaillou.com

Comme nous ne rentrons en Belgique que pour mettre quelques papiers en ordre et surtout pour repartir aussitôt vers Mieussy pour un stage de perfectionement parapente accompagnés cette fois d’amis que nous avons convaicus des joies de cette discipline, amis dont nous partageons la voiture, nous décidons de tester le TGV pour notre aller retour Périgord-Bruxelles-Périgord. Hé bien, si effectivement cela nous permet de lire un bouquin pendant le trajet, cela prend une heure de plus, et surtout, cela coûte le double du même trajet à moto.

Nous revoilà donc à Mieussy, un des plus beaux sites de vol des Alpes (mais nous n’en connaissons pas encore beaucoup); Pendant que les amis vont à la “petite classe” et découvrent les joies du “vol libre”, une météo favorable nous premet d’enchaîner les grands vols et les expériences nouvelles. Mais il faut bien admettre que si les ascendences “dynamiques” sont assez faciles à trouver (le vent est obligé de monter quand il rencontre un flanc de montagne), les ascendences “thermiques” sont encore pour moi situées “là où vont tous les autres parapentistes”. Nous reviendrons, et c’est d’ailleurs prévu pour juillet 2002. (Comme nous sommes désignés volontaires pour garder les “boulets” un mois, l’air de la montagne ne peut faire que du bien à ces petits !)

C’est donc en TGV, toujours plus cher et plus lent, que nous regagnons le Périgord, pour y peaufiner le site web de la maison, y rajouter des photos (c’est dur de sugérer en photo quelque chose qui n’existe pas encore !), et, entreprendre la transformation de l’ancien corps de logis en gîte accueillant pour les vacanciers anglais ou norvegiens. Un mois de “travail”, de cueilette de cèpes, de “rosés des prés” et de “trompettes de la mort”, de comparaisons des magrets et de foies de canards ou d’oie.
Quelques vols en parapentes, courts (ce n’est pas les alpes), avec notre ami-initiateur (voir épisode précédent) qui habite à quelques Kms de là, à Bergerac. Bref, la vie n'est pas trop dure...

.J’ai reçu, parmis les nombreux documents qui circulent sur internet un texte dont je me permets de vous donner copie :

Mon ami ouvrit le tiroir de la commode de son épouse et en sortit un petit paquet enveloppé de papier de soie: " Ceci, dit-il, n'est pas un simple paquet, c'est de la lingerie ". Il jeta le papier et observa la soie et la dentelle. "J'ai acheté ceci la première fois que nous sommes allés a New York il y a 8 ou 9 ans. Mais, elle ne l'a jamais utilisé. Elle voulait le conserver pour une occasion spéciale. Et bien... je crois que c'est le bon moment justement ". Il s'approcha du lit et rajouta ce paquet à d'autres choses que les pompes funèbres emmèneraient. Sa femme venait de mourir.
En se tournant vers moi, il me dit: "ne garde rien pour une occasion spéciale, chaque jour que tu vis est une occasion spéciale". Je pense toujours à ces paroles....elles ont changé ma vie. Aujourd'hui ,je lis beaucoup plus qu'avant et je nettoie moins. Je m'assieds sur ma terrasse et admire le paysage sans prêter attention aux mauvaises herbes du jardin. Je passe plus de temps avec ma famille et mes amis et moins de temps au travail. J'ai compris que la vie est un ensemble d'expériences à apprécier. Désormais je ne conserve rien. J'utilise mes verres en cristal tous les jours. Je mets ma nouvelle veste pour aller au supermarché si l'envie m'en prend. Je ne garde plus mon meilleur parfum pour les jours de fête, je l'utilise dès que j'en ai envie.
Les phrases du type "un jour..." et "un de ces jours...." sont en train d'être banies de mon vocabulaire. Si cela en vaut la peine, je veux voir, entendre et faire les choses maintenant. Je ne suis pas tout à fait sûr de ce qu'aurait fait la femme de mon ami si elle avait su qu'elle ne serait plus là demain (un demain que nous prenons tous à la légère). Je crois qu'elle aurait appelé sa famille et ses amis intimes. Peut-être aurait-elle appelé quelques vieux amis pour faire la paix ou s'excuser pour une vieille querelle passée. J'aime penser qu'elle serait peut-être allé manger chinois (sa cuisine préférée). Ce sont toutes ces petites choses non faites qui m'énerveraient beaucoup si je savais que mes heures sont comptées. Je serais énervé de ne plus avoir vu certains de mes amis avec lesquels je devais me remettre en contact "un de ces jours"... Enervé de ne pas avoir écrit les lettres que j'avais l'intention d'écrire "un de ces jours". Enervé de ne pas avoir dit assez souvent à mes proches combien je les aime.
Maintenant je ne retarde rien, ne repousse ou conserve rien qui pourrait apporter de la joie et des rires à nos vies. Je me dis que chaque jour est spécial... chaque jour, chaque heure, chaque minute est spéciale...



Nous sommes des privilègiés, jamais dans l’histoire du monde un groupe humain n’a aussi bien vécu que nous, maintenant.

Fait unique, la plupart d’entre nous n’a jamais connu de guerre et a une petite chance de ne jamais la connaître. Nos parents et grands-parents on vu beaucoup des leurs massacrés pour des raisons que nous ne pouvons pas imaginer. Nous travaillons quelques heures par jour pour nous payer une deuxième voiture... Alors que le paysan somalien trime toute sa vie pour arriver à peine à nourrir sa famille quand des chefs de guerre locaux ne pillent pas ses maigres biens et qu’il n’est pas forcé de s’exiler.

Comme je le répète souvent : N’oublions pas que les trois quarts de la planète ne savent pas ce qu’ils vont manger demain et sont obligés de faire des kilomètres à pied pour aller chercher un peu d’eau boueuse et pleine d’amibes dans une vieille boîte de conserve rouillée, alors que chez nous, on soigne gratuitement les gens parce qu’ils mangent trop.

Méditons un peu... et, à défaut d’en profiter pleinement, soyons-en conscients. (Tiens, un peu de morale, ce n’est pas l’habitude dans ces lignes).

A suivre...

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