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Nous sommes retournés, en tout, quatre fois à Rastaillou, c’est maintenant un endroit superbe et accueillant, plus du tout le chantier et les ruines que nous avions découvert au début. Dès sa première saison, le succès fut au rendez-vous.

La piscine de Rastaillou et, en l'air ...

C’est lors de notre dernier séjour que Jean-Louis, notre “père spirituel parapentiste”, apprend qu’un de ses amis souhaite remplacer son aile par un modèle plus performant. Par chance, celui-ci est dans la même gamme de poids que moi. L’aile n’est pas neuve, mais tiendra bien encore deux ou trois saisons et toutes les suspentes viennent d’être remplacées. Me voici donc, pour une somme modeste, capable de voler “de mes propres ailes” au sens vrai du terme.

C’est au cours d’une de mes premières séance de vol que, quelques instants après un décolage dans un endroit étroit et donc délicat, je me retrouve pendu dans un arbre, l’aile emmêlée dans les branches hautes. L’accès est difficile, mais les copains viennent me sortir de là. Un quart d’heure pour moi et une bonne heure pour dégager la toile, et, par chance, elle et moi nous nous en tirons sans dégâts. Il paraît que c’est un passage obligé dans la formation de parapentiste et que cela m’arrivera encore. Autre première : une moitié de l’aile qui se referme en vol au passage d’une turbulence. C’est très impressionnant, mais les ailes de type “intermédiaire” sont prévues pour se rouvrir toute seules, sans action du pilote, en moins de quatre secondes. Cela aussi deviendra courant dans une vie de parapentiste

Rastaillou sur ses rails, c’est donc avec la conscience du travail achevé, qu’après un séjour de courte durée à Bruxelles, nous sommes repartis vers la dune du Pyla.

Nantis du parapente et du matériel de camping complet, notre moto était bien chargée et les mouchoirs étaient comptés. Une fois de plus l’accueil de notre camping est charmant, avec une vingtaine de clients pour quelques deux cents emplacements, ils nous font une demi-pension “à la carte” pour une somme modique, et le cuisinier ne composait jamais son menu du lendemain sans nous consulter. Lors d’une succession de quelques jours pluvieux, le patron nous a même proposé de mettre à notre disposition un chalet “en dur” infiniment plus confortable que notre petite tente.

Coté vol, plusieurs fois, après un décollage raté, je me suis fait tirer au sol par ces 33m² de toile, sur toute la longueur de la dune, en mangeant un maximum de sable ... très physique ! Mais l’apprentissage passant aussi par les échecs, à force de tentatives répétées, j’ai fini par me retrouver en l’air. Et là, c’est le rêve, cet air tiède qui vient de l’océan et qui grimpe la dune sans rencontrer le moindre obstacle, c’est du velours, c’est de l’huile, on tient en l’air à quelques mètres du sol ou plus haut, comme par magie. On joue à venir caresser le sable puis à remonter... On pilote tout en finesse, sans le moindre petit phénomène parasite, on sent vraiment son aile “au bout de ses doigts”. Je l’ai déjà dit : le grand pied bleu.

La dune du Pyla

Etape suivante : le rassemblement annuel et mondial des amateurs du “pou du ciel”. Un petit avion, ancêtre de nos U.L.M. actuels, prévu pour la construction amateur, selon une formule nouvelle : “l’aile vivante”, reprise depuis sur tous les U.L.M. pendulaires. Cet appareil, conçu dans les années trente par Henri Mignet aurait dû révolutionner le monde de l’aviation et la rendre enfin “populaire”. C’était l’époque des premiers congés payés et le livre, plein d’humour, de M. Mignet “Le sport de l’air”, était aussi une profession de foi. Malheureusement la guerre est venue mettre un terme à ce beau rêve.

Ne sont-ils pas fiers de leur oeuvre ?

Beaucoup d’appareils, des gens passionnés et ouverts, de belles démonstration en vol, et, surtout la rencontre du propre fils d’Henri Mignet, Monsieur Pierre Mignet, un homme charmant, puits de science aéronautique, ardent défenseur de la formule de son papa et homme du monde à la mode “vieille France”.

Une visite de plus à notre “marraine” toujours aussi active et nous remontons en Belgique en passant par Rastaillou qui célèbre son ouverture officielle.

Un mois (celui d’août) à Mieussy où nous recevons successivement nos deux filles accompagnées chacune de mari et enfants et où malgré quelques jour pluvieux, nous profitons sans réserve de tous les aspects de la montagne. Le parapente bien sûr (je progresse et ai porté mon record de durée à 3 H 05 min.) mais aussi de nombreuses ballades, de l’hydrospeed dans les torrents qui descendent des glaciers ou de simples baignades dans les bassins naturellement creusés dans la roche au fil des siècles par le Giffre.

Samoëns, le village un peu plus haut dans la vallée, où nous allons voler quand le vent est plutôt de secteur nord, possède un superbe complexe de piscines en plein air situé ... juste à côté de la zone d’atterrissage des parapentes. Pendant que les enfants et petits enfants goûtent des joies de la baignade, j’en profite pour faire un petit vol et goûter au plaisir suprême que j’ai nommé “les trois P”: Posé, Plié, Piscine. Si au sommet et en vol, on apprécie une petite couche de laine polaire, une fois posé dans le fond de la vallée, il fait chaud et replier l’aile est certainement la partie la plus physique du parapente. Alors, pouvoir, tout de suite après cela, piquer une tête dans cette piscine que l’on vient de survoler... Encore un des petits plaisirs de l’existence.

Court séjour en Belgique, où je profite d’un garage, trop petit pour y mettre une voiture, pour ressusciter un atelier d’aéromodélisme (discipline qui consiste à fabriquer puis à faire voler des avions modèles réduits radio-commandés). Une ancienne passion, activité bipolaire partagée entre un travail de conception et de réalisation en atelier et des séances de réel pilotage en plein air.

Pilotage au clair de lune

Automne au bateau où nous retrouvons notre vie pépère mais toujours agréable de “rats de marina”.

Retour juste à temps pour le réveillon-obligatoire en famille ...

Un ami suisse qui séjourne à Monastir a gardé un petit appartement, inoccupé, à Genève... Vous avez compris : nous voilà partis pour les rives du lac Léman. Comme nous ne sommes ni des cheikhs producteurs de pétrole, ni des membres de la mafia russe, Genève n’est pas faite pour nous. Il faut dire que la simple baguette coûte presque deux €, on comprend pourquoi tous les autochtones vont faire leurs courses en France. Une chaîne de grandes surfaces suisse “Migros” a même installé un de ses magasin à quelques centaines de mètres de la frontière, mais du côté français.

De plus, entre 8h et 19h il n’y a aucune place de stationnement autorisée plus d’une heure, qu’elle soit payante ou pas. Il faut préciser que Corinne n’étant pas chaude pour faire des routes de montagnes à moto, en plein mois de janvier, nous avons acheté une vieille Renault 19 d’occasion à un de nos amis. Bref, chassés de la ville toute la journée, nous nous retrouvons souvent ... à Mieussy

Le site de décollage

Si, en été, nous avions goutté à tous les plaisirs de la montagne, nous faisons de même en hiver, mais les activités sont toutes autres. A l’emplacement habituel des décollages, il y a 1m50 de neige, inaccessible sans raquettes aux pieds, mais le paysage vaut le déplacement. Ski, ski de fond et surtout longues ballades en raquettes, mais aussi fondue et “reblochonade”. Côté parapente, je n’aurai l’occasion de voler qu’au mont Salève qui domine la ville de Genève et la pointe du lac. La vue est grandiose mais il ne fait pas chaud en vol. Et avec des gants on n’a pas la même adresse. Atterrissage au club local dont le terrain est tout petit et entouré d’arbres et de bâtiments divers, et comme nous disposons maintenant d’un appareil photo digital mais surtout “autofocus”, j’ai enfin des photos nettes de moi en vol et à l’atterrissage.

Il faut dire qu’avec cet appareil , j’ai retrouvé le plaisir de faire des photos que j’avais du temps, lointain, où je faisais du noir et blanc et où, surtout je développais et tirais moi-même. Le coût d’une photo étant nul et les capacités de stockage importantes, rien ne vous empêche de faire une vingtaine de prises d’un sujet en variant les ouvertures, les vitesses, les cadrages et les focales. Il vous reste alors à sélectionner les meilleures et un travail “de labo” peut encore facilement (et gratuitement) être fait à l’ordinateur pour ne tirer ensuite que ce qui est vraiment bon.

Une petite période en Belgique pour assister une des filles qui, une fois de plus, participe à la surpopulation de la planète, me permet de me lancer à fond dans la construction d’un modèle réduit bimoteur de conception personnelle. Normalement, le premier vol est prévu pour ce week end.

A suivre ...

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